le vaginisme

Qu’est-ce que le vaginisme ? 

Il s’agit d’un trouble psychosexuel que le DSM IV[1] définit comme étant : « Un spasme involontaire répété ou persistant de la musculature du tiers externe du vagin perturbant les rapports sexuels. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles. »

En d’autres termes, il s’agit d’une contraction involontaire des muscles péri-vaginaux qui gêne l’acte de pénétration. La pénétration devient extrêmement douloureuse voire impossible. On pale de vaginisme primaire lorsque la femme n’a jamais vécu de pénétration avant l’apparition du symptôme, et de vaginisme secondaire lorsque le symptôme est apparu après que la femme ait pu vivre des pénétrations sans problème.

Ce trouble est à l’origine d’une souffrance majeure pour la femme.

Lorsque le symptôme se manifeste pour la première fois, c’est l’incompréhension. Ce trouble est peu connu du grand public, et il est souvent difficile de demander de l’aide.

Nous vivons dans une société où la sexualité est surexploitée. Les médias nous vendent du shampoing, des voitures, des contrats d’électricité, en mettant en avant la sexualité, et surtout en véhiculant une image fausse de la sexualité, dénuée d’affect, et ultra performante…

Nous sommes plus souvent confrontés à des images clichées et souvent dégradantes, qu’aux discours de spécialistes rappelant que l’amour physique est une histoire de rencontre, d’alchimie, et d’amour entre deux personnes. L’amour et la sexualité n’auront jamais à faire avec une question de taille, de durée ou d’intensité.

Comment guérir ?

 Le premier réflexe est d’aller voir un médecin. En effet, le vaginisme est un trouble psycho-sexuel, mais certaines affections médicales peuvent également gêner ou empêcher la pénétration. Seul le médecin peut écarter toute cause physique. Lorsque tout problème physique est écarté, une psychothérapie est toute indiquée.

En effet, le vaginisme étant un trouble d’origine psychologique, une psychothérapie permettra de mettre à jour les mécanismes inconscients à l’œuvre.

Plusieurs méthodes thérapeutiques s’offrent à vous. Les thérapies d’orientation psychanalytique qui permettent de mettre du sens sur le symptôme. Les TCC, thérapies cognitives et comportementales, permettront de travailler sur les émotions, sensations et cognitions en lien avec le symptôme. Des séances de relaxation sont également proposées.

L’idéal étant de lier ces deux méthodes afin de mettre du sens et d’agir sur le symptôme.

On entend souvent que des agressions sexuelles sont à l’origine de ce symptôme. Ce n’est pas toujours le cas. Certaines femmes n’ont jamais subi ce genre d’agression et souffrent de vaginisme. Le problème est ailleurs, et c’est grâce à l’aide d’un psychologue que son origine pourra être trouvée. 

Votre psychologue pourra également vous conseiller de compléter votre thérapie par des séances de kiné. En effet, ces séances pourront vous aider à prendre conscience des différentes tensions corporelles.

Il est important de garder à l’esprit qu’il est possible de guérir. Cela peut prendre plusieurs mois ou plusieurs années, mais c’est possible. Ne désespérez-pas.


  • [1] American Psychiatric Association, Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.), 2013, Washington, DC: American Psychiatric Association.

 

Avoir une meilleure conversation

Photo: J.P Leloir (1969)

Avoir de bonnes relations avec ses amis, sa famille, ses collègues, est un souhait de nombreuses personnes et un pilier du bien-être de l’être humain. En effet, « communiquer avec ses semblables » fait partie des 14 besoins fondamentaux des Hommes selon Virginia Henderson[1]. Pouvoir se faire entendre, se sentir compris et respecté dans ses opinions, partager des points de vue, et améliorer sa connaissance sur un sujet, sont possible lors d’une conversation, à condition de garder à l’esprit quelques règles.

 

Récemment, une conférence menée par Celeste Headlee[2], a permis de définir 10 outils pour améliorer notre conversation.

Les voici :

 

 

  1. Pas de multi-tâche : 

    Parler à une personne qui pianote sur son téléphone ou soi-même penser à notre to do list pendant que quelqu’un tente de nous faire passer un message, est un fléau moderne. Cessons de n’être présent qu’à moitié. Si vous n’êtes pas disposé à dialoguer par fatigue ou par manque de temps, quitter la conversation ou remettez la à plus tard, quand vous serez pleinement présent pour cet échange.

  2. Ne donnez pas de leçon :

    La liberté d’opinion est un droit fondamental. Vous souhaitez être respecté dans votre opinion ? respectez celle des autres. Partez du principe qu’une conversation est l’occasion d’apprendre de nouvelles choses. « Chaque personne sait une chose que vous ignorez » Bill Nye

  3. Posez des questions ouvertes :

    C’est-à-dire posez des questions où la réponse ne sera pas forcément oui ou non. Donnez l’occasion à votre interlocuteur d’expliciter sa pensée, de décrire ses ressentis… l’échange n’en sera que plus riche.

 

  1. Laissez votre esprit s’échapper et revenir :

    Il est tout à fait humain d’avoir l’esprit qui s’évade à l’évocation d’un mot, d’une idée. L’essentiel est de revenir à notre interlocuteur. Soyons réaliste nous savons quand une personne a cessé de nous écouter, cela se voit !

  2. Admettez de ne pas savoir 

    ou de ne pas avoir d’opinion définie : plutôt que de se lancer dans une explication douteuse, soyez humble. La parole ne devrait pas être prise à la légère.

  3. Ne comparez pas votre expérience à celle de votre interlocuteur :

    Lorsqu’un ami vous parle d’une expérience que vous avez-vous-même vécu (que celle-ci soit positive ou négative), vous pouvez être tenté de prendre la parole pour comparer votre expérience à la sienne… Gardez à l’esprit que vos expériences bien que similaires ont forcément été vécues différemment. Chaque personne est unique, a sa propre histoire, et c’est cette histoire personnelle qui colore la perception et le vécu. La diversité d’expérience fait la richesse de l’être humain. Ne tentons pas de la réduire en l’homogénéisant. 

  1. Ne vous répétez pas (sauf si on vous le demande) :

    Répéter une idée ne lui donnera pas plus de poids.

 

  1. Ne rentrez pas trop dans les détails :

    Est-ce vraiment fondamental de préciser que tel événement vous est arrivé un mardi matin ? L’accumulation de détail pourrait vous faire perdre l’attention de celui ou celle qui vous écoute.

  2. Ecoutez ! :

    Ce conseil est certainement le plus simple à comprendre mais également le plus compliqué à réaliser. Pour écouter il faut savoir se taire. Taire ses opinions, ses expériences, pour pouvoir mieux accueillir le point de vue d’autrui. Une bonne conversation nécessite un équilibre entre écouter et parler. Ecouter est une compétence fondamentale, pas toujours reconnue à sa juste valeur dans notre société où il faut sur-exister, briller… Pourtant, elle est indissociable de la parole. A quoi sert-il de parler si personne ne vous écoute ?

 

  1. Soyez bref :

    Une idée peut être expliquée en quelques phrases, il est inutile de la noyer sous un monologue de plusieurs pages. Les plus important est-il de monopoliser la parole ou d’échanger avec quelqu’un ?

 

 

Gardez à l’esprit que chaque conversation est l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau. Restez ouvert et laissez-vous guider par cette conversation. Qui sait, peut-être que celle-ci s’avèrera instructive, émouvante, ou enrichissante…

 

Il est possible d’améliorer ses compétences sociales grâce aux groupes d’entrainement aux habiletés sociales. La conversation fait partie des points abordés afin d’éviter les impairs et améliorer le potentiel relationnel.

[1] Virginia Henderson, The Principles and Practice of Nursing, The Macmillan Company, Canada ASIN B000PIDE0A

[2] https://www.ted.com/talks/celeste_headlee_10_ways_to_have_a_better_conversation/up-next

Mon enfant ne s’affirme pas


Dans chaque école ou lycée, dans chaque classe, nous pouvons observer différents profils d’enfants.
 En effet, il y a les enfants à l’aise dans la relation que l’on pourrait qualifier d’affirmés. Bien dans leurs baskets, à l’aise avec les profs. D’autres seront plus agités mais toujours à l’aise dans les relations. Certains sont calmes, d’autres apprécient le mouvement, le chahut. On observe également, dans des quantités moindres, certains enfants que l’on pourrait qualifier de « très affirmés » voire trop. Ceux qui ressentent le besoin de parler plus fort, voire d’intimider leurs camarades pour faire passer leurs idées. A l’inverse, on observe également ceux qui ont du mal à défendre leur point de vue, à se faire entendre, et même à se faire respecter… Et quand on y réfléchit bien, tous ces profils se retrouvent dans notre société d’adulte, en entreprise, en club, dans la famille.

« L’affirmation de soi », c’est quoi au juste?


Le point commun aux différents profils qui ont été brossés, est la qualité de l’affirmation de soi.
L’affirmation de soi est la capacité de se faire respecter et de faire entendre son point de vue, tout en respectant autrui.

L’affirmation de soi est une composante primordiale pour le bien être d’un individu. En effet, se faire entendre, se faire respecter, c’est s’écouter soi et se respecter.

Quand y a-t-il un problème?

Un trouble de l’affirmation de soi ou de l’assertivité, peut amener une personne à se taire alors qu’elle n’est pas d’accord, à faire des choses dont elle n’a pas réellement envie … Bref, à ne pas écouter son Moi profond, ses désirs. L’image qu’elle présente aux autres ne serait pas le reflet profond de son être mais plutôt l’image que les autres souhaitent observer d’elle. De plus, ne pas être en mesure de se faire respecter est la porte ouverte à toutes les brimades.

Mais un trouble de l’affirmation de soi peut également mener certains individus à avoir besoin d’ « écraser » les autres pour se faire entendre. Ces deux profils, certes très différents, ont en réalité la même difficulté. Etonnant non?

 

D’où cette difficulté vient-elle?

Cette difficulté à s’affirmer peut être sous-tendue par une peur d’être rejeté, abandonné. Cette difficulté, bien que passant parfois inaperçue, limite l’épanouissement de l’enfant. En effet, elle lui renvoie une image erronée de lui-même et limite son estime de soi.
Lorsque cette difficulté d’affirmation se manifeste par le besoin de s’imposer à tout prix, les conséquences sont également dommageables puisque cette difficulté tronque les relations à l’autre. En effet, les autres ne vous respectent pas réellement, disons plutôt qu’ils vous craignent. Et dans ce cas, peut-on dire qu’ils vous apprécient réellement pour ce que vous êtes? Pas si sûr…

Et mon enfant dans tout ça?


Pour savoir si votre enfant possède une affirmation de soi suffisamment bonne, il faut commencer par se poser quelques questions:

  • Est-il entendu dans un groupe?
  • est-il respecté à l’école?
  • présente-t-il des souhaits établis ou au contraire ses demandes sont-elles volatiles?
  • S’efface-t-il?
  • Comment gère-t-il les agressions?

Ces quelques questions vous permettront de vous faire une idée plus précise du profil de votre enfant en matière d’affirmation de soi. N’hésitez pas à en parler avec lui. Comment se représente-t-il sa place au sein du groupe classe, ou au sein de son club de foot par exemple.

Tout cet article, pour vous sensibiliser sur cette notion d’affirmation de soi, primordiale pour évaluer le bien être d’un individu. En effet, comme nous l’avons vu plus haut, ces styles d’affirmation se retrouvent chez les adultes. De plus, nous avons observé une corrélation importante entre le style d’affirmation de soi et l’estime de soi (la propre valeur que l’on s’attribue). C’est à dire qu’un individu ayant du mal à s’affirmer aura des mesures d’estime de soi plus faibles que les individus ayant un style « affirmé ».

Un enjeu pour votre enfant et son avenir

Une personne ayant un trouble de l’affirmation de soi, a des difficultés pour exposer ses idées. En effet, il ne considère pas ses idées, désirs ou comportements comme légitimes. Par peur du rejet, il préfèrera se renier, et coller aux attentes d’autrui. Et malheureusement, si cette attitude débute dans l’enfance et n’est pas prise en charge, celle-ci va perdurer. Au fil des années, notre adulte aura perdu le lien avec son être profond, ses désirs, et peinera à trouver sa voie… Qui suis-je fondamentalement? Que souhaite-je faire?

Une prise en charge (psychothérapie en individuel ou en groupe) est donc indiquée pour aider rapidement votre enfant ou votre ado à prendre conscience de son style d’affirmation et lui donner des outils afin de modifier ce style. L’enjeu est important puisqu’une partie de son bien être adulte se joue ici.

Le but de cette prise en charge est l’épanouissement personnel. Cette question se travaille tout au long de l’existence. Etre affirmé est un pilier de l’épanouissement.

Hélène Vadot

Mon enfant a des TOC

On entend souvent ces expressions « Il a des TOC! », « c’est devenu un TOC »…
Souvent il s’agit de décrire des comportements ou des pensées répétitives, envahissantes.
Mais de quoi s’agit-il en réalité?
Peut-on considérer qu’un enfant qui a besoin d’un rituel de coucher spécifique, à des TOC?
Et le besoin de se laver les mains à cause des microbes?

Explication:

Comme son nom l’indique, le trouble obsessionnel compulsif, suppose des obsessions associées à des compulsions. Voyons les explications du DSM IV (1):


Les Obsessions sont définies par:
  • des pensées, impulsions ou représentations récurrentes et persistantes. Ces pensées entraînent une anxiété ou une détresse importante. (par exemple se dire qu’une catastrophe va arriver, qu’un incendie va se déclencher, qu’un objet va se casser…)
  • les pensées, impulsions ou représentations ne sont pas simplement des préoccupations excessives concernant les problèmes de la vie réelle.

 

  • la personne fait des efforts pour ignorer ou réprimer ces pensées, ou les neutraliser.

 

  •  le sujet reconnaît que les pensées, impulsions ou représentations obsédantes proviennent de sa propre activité mentale.
Les compulsions sont:

 

  • des comportements répétitifs (p. ex., lavage des mains, ordonner, vérifier) ou actes mentaux (p. ex., prier, compter, répéter des mots silencieusement). La personne se sent obligée de réaliser ces comportements.

 

  •  les comportements sont destinés à stopper ou  diminuer le sentiment de détresse ou à empêcher un événement redouté

Les obsessions ou compulsions sont à l’origine de sentiments marqués de détresse, d’une perte de temps considérable 

 Quand cela commence-t-il?

Ce trouble apparaît parfois dans l’enfance mais plus souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Il débute soit de façon très graduelle, soit de façon rapide suite à un traumatisme ou un stress aigu.
Lorsque les peurs associées aux troubles obsessionnels-compulsifs (ex: peur de se contaminer…) conduisent à l’évitement (éviter les contacts…) ou à des rituels ou compulsions (ex: se laver les mains), ces comportements réduisent l’anxiété. Cependant, paradoxalement, ils contribuent à renforcer et maintenir la maladie. 



Donc, si vous vous questionnez au sujet de votre enfant, posez vous ces questions:

  • Mon enfant redoute-t-il une catastrophe? Est-il envahit par des préoccupations angoissantes (accident, maladie, mort…)? 
  • Est-il objectivement en souffrance? 
  • comment réagit-il s’il est dérangé pendant un rituel? S’énerve-t-il, son angoisse augmente-t-elle? 

 

Ces questions vous aideront à déterminer s’il est temps de demander de l’aide.

 

Comment un psychologue TCC peut-il aider votre enfant?

En proposant à la fois des techniques:
  • de contrôle de l’anxiété
  • des techniques d’exposition graduelle à la situation redoutée afin de diminuer la charge anxieuse
  • des techniques cognitives visant à modifier les pensées erronées et limitantes.

En cas de TOC, la prise en charge est urgente. En effet, ce trouble a tendance à s’aggraver (obsessions plus nombreuses, rituels plus longs et compliqués…) et à envahir de plus en plus le quotidien de l’enfant.

Le libérer de ses compulsions et obsessions lui permettra de réinvestir l’école, ses copains, la vie quoi!


helenevadot-psy.com
Hélène Vadot
Psychologue TCC
4 rue Louis Morard
75014 Paris

(1) American Psychiatric Assocation, DSM-IV Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, Masson, 1996 (version américaine 1994).